IA : Le chantier s’éclaircit pour les RH

L’intelligence artificielle consiste à mettre en oeuvre un certain nombre de techniques visant à permettre aux machines d’imiter une forme d’intelligence réelle (Futura Science). La notion est apparue pour la première fois en 1950 grâce au mathématicien Alan Turning. Google, Microsoft, Apple, IBM et Facebook ont tous créé des équipes qui travaillent sans relâche sur le sujet pour déterminer les futurs domaines d’application.

Comme (presque) tous les autres métiers, les ressources humaines ne vont pas échapper à la révolution de l’IA. Comment va-t-elle modifier le métier du DRH ? Quels vont être les principaux challenges à relever ? Voici un rapide tour d’horizon des impacts et des solutions inventées par les startups du secteur.

1) Une révolution apportée par l’IA

Smart Data

Ce sont des données collectées et traitées par le biais de l’intelligence artificielle permettant d’intervenir avec plus d’efficacité et d’analyse. À titre d’exemple, un cadre RH peut être alerté d’une baisse de la motivation ou des problèmes de communication interne par l’IA. Le Smart Data deviendra d’ici peu un outil incontournable du RH, car même si ce dernier ne peut en aucun cas remplacer l’humain, il offre des résultats et des interprétations très poussées et fiables.

C’est dans cette optique que plusieurs startups ont décidé de travailler sur le sujet comme Onvabosser.fr, un site de mise en relation entre des candidats non qualifiés et des entreprises. Grâce à son algorithme de machine learning, il relie les informations qu’il obtient avec un code Rome de Pôle Emploi. L’algorithme transforme les réponses à un questionnaire des candidats en un ensemble de compétences et un niveau de matching avec les entreprises inscrites.

 

L’automatisation

L’automatisation, souvent perçue négativement par les salariés, évoque pour certains le remplacement de l’humain par la machine.

Cependant, 70% des acteurs RH pensent que l’automatisation sera leur plus grand enjeux d’içi 2020. Ainsi, il est probable que l’on assiste à la fin tâches répétitives à faible valeur ajoutée.
Les bénéfices de l’automatisation sont nombreux parmi lesquels une valorisation des processus et un gain concrets sur les résultats du ROI avec une diminution des coûts opérationnels et la satisfaction général de toutes les parties prenantes.

L’essence même du travail en sera modifiée et se caractérisera par la valeur ajoutée de l’employé et sur son relationnel. L’IA sera garante des tâches que l’humain ne peut réaliser, comme le traitement et l’analyse d’une grande quantité de données. L’automatisation de ces processus permet de gagner énormément de temps et d’obtenir des résultats avec un fort taux de fiabilité.

On peut citer Data4job qui illustre les bienfaits de l’automatisation. Elle a développée l’outil Remo Platform qui permet de suivre et de classer les candidatures tout au long du processus de recrutement.

Voiçi une courte vidéo sur les retours d’expérience sur Data4job.

 

Le recrutement 3.0

L’intelligence artificielle bouleverse actuellement le recrutement. En passant par le sourcing jusqu’à l’analyse des émotions, l’IA donne au recrutement un énorme potentiel de développement. Le candidat idéal n’est plus un mythe et l’IA joue un rôle majeur pour le trouver. Enfin, ces dernières années ont connu l’explosion des chatbots pour améliorer l’expérience client. Dans le milieu du recrutement, des chatbots ont aussi fait leur apparition. Certains chatbots sont même capables de suivre les candidatures et de répondre aux questions des candidats. Le milieu du recrutement est en pleine mutation et va certainement radicalement changer ces prochaines années.
Par exemple, Assessfirst met à disposition  une solution de recrutement prédictif. Elle permet aux entreprises d’anticiper la capacité de leurs candidats ou collaborateurs à réussir et à s’épanouir en poste. Pour cela, AssessFirst évalue les candidats en 3 parties: les capacités intellectuelles, la volonté des candidats et enfin leurs comportements. Sur leur site, on retrouve des chiffres assez impressionnant comme une diminution du taux de turnover de 50%, une augmentation de la performance de 15% et une économie de temps de 30%.

 

2) Les principaux challenges apportés par l’IA

Anticiper les impacts de l’intelligence artificielle

L’un des plus grands enjeux de la DRH est d’anticiper les changements futurs qui seront opérés dans leurs domaines, mais aussi dans l’entreprise en général. Pour cela, la formation est une priorité : La collaboration machine-humain (terme : cobot) ne pourra se faire sans que ce dernier n’assimile l’ensemble des enjeux de la transformation. Les acteurs RH doivent donc anticiper l’absence de certaines compétences en régions et la reconversion de masse de certains profils pour cause l’intelligence artificielle qui remplacera un certain nombre de domaine et entrainera un détournement des salariés pour certaines activités.

La confiance, clé de voûte pour l’intelligence artificielle

L’intelligence artificielle a souvent été taclée par des sujets d’éthique et notamment par le fait que l’humain soit remplacé par la machine et que l’IA soit indépendante de l’homme après sa création.

Même si elle a capable du meilleur en faisant abstraction des préjugés qu’un humain peut avoir pendant la phase de recrutement, nous ne sommes peut-être pas encore prêts pour effectuer cette rotation : la confiance est la solution pour passer ce palier. Pour ce faire, il faut réussir un mettre en place un modèle d’IA fiable. Cela passe, par ordre d’importance, par la transparence, la prouvabilité et l’explicabilité des informations et comportements de l’IA.

Le « DRH augmenté »

L’IA va transformer le métier de RH : demain, la DRH travaillera davantage sur la bonne utilisation de l’IA que sur le côté administratif du métier : l’aspect éthique de l’IA sera un des premiers chantiers auxquels les RH auront à faire. Les compétences relationnelles seront encore plus souhaitées, car même si l’IA pourra résoudre la majorité des problèmes, mais les employés pourront toujours avoir recours à la DRH pour des sujets sensibles. Enfin, la validation finale sera toujours à la portée du DRH.

 

En conclusion, l’IA change de statut petit à petit devenant ainsi primordiale pour un bon nombre d’entreprises. Son utilisation reste par ailleurs très restreinte pour l’instant. Cependant, on s’attend à voir de grandes révolutions en 2019 et notamment dans la fonction RH. De nombreuses questions restent en suspens comme l’optimisation de la collaboration homme-machine (quelle importance aura la machine dans notre travail ?), l’aspect éthique de l’IA qui n’est pas encore définie globalement et les indicateurs qui permettront de juger l’efficacité de l’IA dans le monde du travail.

Pour approfondir le sujet,  nous vous recommandons de visionner cette interview vidéo d’Emmanuelle Blons ou de lire son dernier livre « L’entreprise disruptée, les défis de l’IA pour les ressources humaines. »

 

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