Flexibilité du travail : l'employé est-il réellement gagnant ?

Flexibilité du travail : l’employé est-il réellement gagnant ?

La flexibilité du travail permet aux entreprises de s’adapter aux clients ainsi qu’à leur personnel. L’avènement des nouvelles technologies a permis le développement de multiples corps de métiers. Or ce phénomène rend le fameux 9 heures – 17 heures obsolète.

En effet, de nombreuses entreprises connaissent des pics d’activité. Ce fonctionnement horaire ne permet pas de s’adapter sans faire appel aux heures supplémentaires. Or ces dernières sont coûteuses autant aux finances de l’entreprise qu’au bien-être de l’employé. En outre, de nombreux métiers ne nécessitent pas d’être dans les locaux de l’entreprise pour travailler et communiquer avec ses collaborateurs. On peut notamment penser au nombre croissant de développeurs. Ainsi la flexibilité du travail devient un besoin pour la nouvelle génération,  les millenials, et une solution pour les entreprises.

1 – La flexibilité du travail accroît la performance…

Si la flexibilité du travail est aujourd’hui perçue comme une solution aux exigences du marché actuel, à l’instar du management agile, elle permet surtout d’accroître les performances de l’entreprise tout en améliorant le bien-être des employés.

L’employé trouve un équilibre

Même si elle reste encadrée, la flexibilité du travail rime, pour l’employé, avec liberté et pouvoir de décision. Alors que sous le régime du traditionnel 9 heures – 17 heures il n’est productif que trois heures par jour, l’employé doit répondre à des exigences de performance, dans ce nouveau système, et alloue ses horaires en conséquence, ce qui supprime les creux d’activité de sa journée, décuple sa motivation, et le rend constamment productif. Cette augmentation de la productivité prend aussi sa source dans un meilleur équilibre entre vie privée et vie professionnelle. En effet, il est désormais possible d’adapter sa journée pour aller à un rendez-vous médical, ou aller chercher les enfants à l’école, sans devoir poser un congé. En d’autres termes, donner de la flexibilité revient à favoriser l’épanouissement de son personnel, qui impacte positivement la performance en retour.

L’employeur optimise son activité

L’employeur voit d’autres avantages directs à cette nouvelle vision du travail. L’impact se retrouve dans les finances de l’entreprise. En effet, permettre à ses employés de travailler quand et où ils veulent permet de faire des économies sur les coûts des locaux et des objets du quotidien comme le café ou les serviettes. En outre, si la flexibilité du travail améliore le bien-être de ses salariés, elle bonifie son image, et donne surtout un argument de poids dans le recrutement car les conditions de travail sont un point d’attention majeur pour les travailleurs.

Le statut d’indépendant attire

La flexibilité du travail s’illustre aussi par un intérêt croissant pour le temps partiel et surtout le statut d’indépendant. Ce phénomène se retrouve aujourd’hui majoritairement aux Etats-Unis où l’on estime qu’en 2020, soixante millions d’américains seront indépendants. Si l’on peut penser de prime abord que les employés cherchent à déserter les entreprises, ces dernières possèdent là l’opportunité de diversifier leur main d’oeuvre, en faisant appel aux expertises nécessaires pour un temps voulu.

2 – … et les horaires de travail

L’observation des entreprises qui ont déjà fait le choix de permettre aux employés d’adapter leurs horaires et travailler en dehors des locaux, montre que la flexibilité du travail n’induit pas forcément un meilleur équilibre entre vie privée et vie professionnelle. 

Les employés n’ont plus de contraintes horaires, le management fixe uniquement des objectifs à atteindre. Dès lors nombre d’entre eux ont tendance à augmenter ostensiblement leurs heures de travail. Cela s’explique par différents points :

“Remercier” son employeur

Pour comprendre ce phénomène, il faut se référer à la théorie de l’échange des faveurs. L’employé perçoit la flexibilité comme un cadeau que lui fait son employeur. Il va donc essayer de lui retourner la faveur en travaillant plus pour obtenir de meilleures performances. C’est le moyen de remercier son employeur pour ce qu’il lui offre et de gagner sa confiance.

La loi ne protège plus

Lorsque l’employé travaille dans les locaux de l’entreprise, ses horaires doivent respecter la loi. Cette dernière le protège contre les abus. Or la flexibilité du travail n’est pas encore réellement réglementée. Elle devient donc une opportunité pour l’employeur de fixer des objectifs élevés à son personnel. Ainsi ses employés vont augmenter leurs horaires et ne percevront pas les avantages qui leur sont dûs.

Devenir l’employé idéal

Les multiples observations des entreprises qui utilisent la flexibilité du travail tendent à montrer que les employés n’y voient pas une possibilité de trouver un équilibre dans leur vie mais plutôt un moyen d’être perçu comme “l’employé idéal”. Autrement dit les études montrent qu’il augmente son temps de travail sciemment pour se promouvoir aux yeux de son employeur. Ce dernier fixe des objectifs et met donc en quelque sorte ses salariés en concurrence pour obtenir les meilleurs résultats.

Une frontière poreuse entre vie privée et vie professionnelle

Choisir ses horaires et son lieu de travail induit une augmentation du travail à la maison. Dès lors la frontière physique entre le travail et le foyer, personnifiée par le trajet pour se rendre aux locaux, tend à disparaître. La journée de travail n’a donc plus réellement de fin. L’employé accepte plus facilement de travailler plus.

Ces observations sont d’autant plus visibles lorsque l’employé est haut dans la hiérarchie de son entreprise. L’exemple le plus parlant est celui d’Elon Musk qui se targue de travailler entre 80 et 100 heures par semaine. Si son cas reste particulier, on peut citer les employés de la Silicon Valley qui se vantent régulièrement de leurs longues journées de travail. 

La flexibilité du travail ouvre un champ non négligeable de solutions aux exigences du marché tout en prenant soin du bien-être des employés. Cependant il semble nécessaire de les protéger par la loi, sur le modèle du droit à la déconnexion en France qui permet de ne pas regarder ses mails en dehors du temps de travail et donc de renforcer la barrière entre le travail et le foyer.

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