Crowdlending : une nouvelle manière de se financer ?

Crowdlending : une nouvelle manière de se financer ?

La crise de 2008 a eu pour conséquence une plus grande régulation des banques, entraînant la modification des stratégies d’investissement. Alors que les méthodes traditionnelles apparaissaient de moins en moins efficaces, de nouvelles solutions comme le crowdlending se sont développées. D’abord destiné principalement  aux particuliers, ce sont désormais les entreprises, principalement TPE et PME, qui y ont recours.

 

Lending Club, le fer de lance du crowdlending

Le crowdlending est une solution proposant une offre de prêts participatifs. Il s’est rapidement institué comme une alternative à la fois pour les prêteurs et pour les emprunteurs. C’est une solution efficace pour débloquer des fonds sans passer par les banques pour les emprunteurs. Quant aux prêteurs, les taux d’intérêts plus élevés que ceux proposés dans le circuit traditionnel les ont intéressés.

Lancée en 2006 aux Etats-Unis par le Français Renaud Laplanche, Lending Club est l’exemple le plus connu de crowdlending. C’est lui qui, le premier, s’est affirmé sur ce marché émergent. En 2014, l’introduction en bourse de Lending Club a institutionnalisé son rapide succès.

Cependant l’entreprise subit depuis 2016 de nombreuses difficultés. Les nouvelles régulations adoptées par l’Etat américain rendent le climat inhospitalier pour les sociétés de crowdlending. De plus, la banque Jefferies a accusé l’entreprise d’avoir vendu des prêts risqués sans respecter les conditions de solvabilité demandées. L’une des conséquences directes a été la démission contrainte de Renaud Laplanche à la tête de l’entreprise.

 

La situation du crowdlending en France

En France, plusieurs entreprises se disputent le secteur du crowdlending depuis 2014. Parmi elles se distinguent Lendix, Credit.fr ou encore Lendopolis. Chacune possède un domaine de prédilection, tel Lendopolis qui propose d'”investir dans l’économie réelle”.

Depuis 2017, des acteurs traditionnels de la finance s’intéressent à elles. Lancé en 2015, Credit.fr a été racheté par Tikehau Capital alors même que la Banque Postale avait acquis Lendopolis quelques temps auparavant. Ces dates récentes soulignent le développement tardif du crowdlending en France par rapport aux Etats-Unis. La fin du monopole bancaire qui a permis aux particuliers de prêter de l’argent a en effet seulement eu lieu en 2014. Toutefois, en quatre ans, une dynamique positive s’est mise en place dans ce secteur.

D’abord pensé comme une mise en relation des particuliers, on observe désormais la prééminence des institutionnels dans les investissement. 31% seulement des fonds de Lendix, le leader français, sont apportés par des particuliers. En parallèle, Smart Lenders AM, acteur institutionnel britannique, s’est engagé à investir 25 millions d’euros minimum via Credit.fr.

Thomas de Bourayne, CEO et fondateur de Credit.fr explique ces changements. “Aujourd’hui, les institutionnels représentent 35% des financements réalisés sur notre plate-forme. Nous considérons que les fonds professionnels sont là pour rassurer les prêteurs particuliers sur le sérieux de notre processus d’octroi et notre risque.”

 

Dès lors, que penser du crowdlending ?

Le crowdlending a l’avantage de s’adresser à toutes les entreprises. Pour les TPE et PME, c’est une véritable opportunité de financement.  Depuis 2008, les banques s’engagent en effet peu sur des petits projets. Pour certaines start-ups, le financement est parfois même un choix plus qu’une obligation lorsqu’elles montent leur projet. Cependant, certaines plateformes comme Upgrade s’adressent plus particulièrement aux grandes entreprises, misant sur des politiques de crédit plus restrictives afin de protéger les investisseurs.

Le crowdlending vient aussi répondre à une demande des investisseurs potentiels, insatisfaits des solutions actuelles d’investissement proposées par le monde financier. L’objectif est donc de leur donner de nouvelles perspectives et possibilités avec des intérêts jugés intéressants.

Renaud Laplanche, le fondateur de Lending Club et de Upgrade dont il est le CEO souligne ainsi le fait que “ces crédits intéressent beaucoup du côté des assurances et des fonds de pensions américains”. C’est aussi le cas des fonds de pensions japonais, qui, traditionnellement conservateurs, se sont récemment ouverts à des solutions d’investissement alternatives.

Cependant, avec la montée en puissance du crowdlending, on observe aussi le nombre croissant de défauts de remboursement de la part des entreprises emprunteuses. Cette situation n’est finalement que peu surprenante puisqu’elle reprend les schémas traditionnels. Les intérêts sont très élevés parce que les projets sont risqués, donc les défauts de paiements sont plus probables. Une des solutions les plus simples pour les prêteurs est la diversification : diminuer le risque en investissant dans de multiples projets. Une entreprise comme Lendix classe ainsi les projets en trois catégories (A, B ou C), en s’appuyant notamment sur leur modélisation financière.

 

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